le sac de Nico, Lecteur.

J’ai tous les jours, en bandoulière mon sac photo, il me sert de sac pour aller travailler. Dedans on peut trouver un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi.
Le pendant masculin du sac féminin, celui que Bénabar appelle son sac à main et où l’on peut y trouver un marché aux puces à l’intérieur.
Dans mon le mien, on y trouve un appareil photo toujours prêt à saisir l’instant fugace d’un moment de bonheur, une expression, un visage marqué par le temps ou un sourire d’enfant.
Des anti-douleurs qui me rappelle que suivre les potes en ski en hors pistes quand on a pas niveau… ça fait mal même des années plus tard, merci Thibaut.
Il y a aussi un ordinateur portable qui me rappelle à mon quotidien journalier de travailleur… oh je ne suis pas malheureux d’aller au travail très loin de là, je fais partie des gens qui aiment leur job et qui y vont le coeur léger conscient de passer une belle journée dans un métier qu’ils aiment.
Et puis il y a des vieilleries qui ne devraient plus y être, des tickets de caisse ou des franchements indispensables comme des lentilles pour myope, oui à pas encore quarante ans on est myope et pas encore presbyte…
On y trouve ma liseuse Kobo Glo qui ne me quitte plus depuis que je l’ai… alors là j’entends déjà les cris… bon y’a les pour et les contres, le papier c’est bien mais ça pèse lourd… qui ne sait jamais endormi sur son pavé de cinq cents pages qui vous tombe sur le nez vous réveillant d’un bond alors que vous dormiez si bien ??? bon alors hein chut 😉
On y trouve plus de paquet de clope vide mais des fioles étranges remplies de liquide à la nicotine, un chargeur pour ma cigarette électronique.
On peut aussi y trouver des morceaux de playmobil, de légos ou je ne sais quel vêtement de poupée, cachés de-ci de-là par mes enfants et même une pierre que m’a donnée mon fils vers ses deux ans… il semblait tellement tenir à cette pierre que je l’ai conservée, un vulgaire caillou mais dans ses yeux il avait l’air d’avoir une valeur inestimable à ce moment là… alors je le balade dans mon sac.
Il y a aussi des objets qui sont là, pas forcément utiles tous les jours mais on ne sait jamais, comme une trousse de premier secours, que j’approvisionne inlassablement de pansements et de compresses apaisantes pour soigner les bobos de mes enfants… c’est dingue l’effet placebo d’un pansement sur un petit bobo.
Et puis au fond on y trouve un objet qui ne m’a jamais quitté depuis presque vingt ans.
Quand on me l’a offert à un Noël on m’a appris qu’il fallait donner une pièce en échange, oh certes il n’était pas neuf mais le geste était tellement beau que je me foutais pas mal qu’il lui manque un ustensile ou qu’il ait quelques traces d’usage.
Ce petit garçon il est devenu grand maintenant, je pense qu’il ne se rappelle plus de cet objet et je serais curieux de voir sa tête s’il le revoyait.
Cet objet là est rouge, pas très grand, avec une croix blanche dessus, elle est un peu effacé, oui il accuse un peu le poids des années. Sa lame est un peu usée mais il ne m’a jamais fait faux bond et surtout il fait partie de ses objets qui ont une âme, une vraie en tout cas pour moi.
De ceux qui ont vécu tel le visage d’un homme âgé ou chaque ride raconte une histoire ou comme les arbres on peut deviner son âge en les comptant.
Il est resté endormi longtemps dans un tiroir attendant patiemment son heure mais jamais loin de moi, voyageant d’appartement en maison année après année… et un jour il est apparu devant moi. Le prendre en main fut un rappel de souvenir tellement intense que depuis il ne me quitte plus.
Il a voyagé des centaines de kilomètres dans les bois avec moi à la recherche de cèpes, girolles et autres pieds de mouton, compagnon fidèle que la récolte soit bonne ou mauvaise, ensoleillée ou maussade, jamais il ne m’en a tenu rigueur.
A vrai dire je ne m’en sers que pour aller au champignon, un moment entre lui et moi, le reste du temps je lui laisse vivre sa retraite méritée dans mon sac et m’accompagner dans ma vie de tous les jours.
Cet objet vous en avez tous un, celui qui ne vous sert pas tous les jours mais que vous ne pouvez pas imaginer de vous en  séparer de peur de perdre un peu de vous et de votre passé.
Moi j’ai mon couteau suisse et vous, vous avez quoi dans votre sac ?

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